03 décembre 2007

"Pendant la sieste, seuls se promènent les chiens et les Français (en pull)" (proverbe romain)

Allonger le pas, donc. L'auberge de jeunesse était aussi propre que les orteils dépassant des tongs de son agent de sécurité étaient sales. Nous eûmes même l'heureuse surprise de découvrir que notre chambre était climatisée, ce que nous n'avions pas même osé espérer. A peine le temps de déposer nos bagages, de ne pas se changer et de ne pas prendre de douche que, déjà, nous repartions. Les premiers contacts avec Rome se poursuivirent à travers la ligne B de son métro. Premier choc pour les Parisiens que nous étions : la plèbe romaine ne dispose que de deux lignes. Second choc : le métro arrive par la droite (si on aurait su on aurait allé à Londres). Troisième choc : les musiciens du métro, ici, jouent bien, et plus longtemps que 27 secondes. Le quatrième choc fut pour les Romains, de voir débarquer dans leur rame la prochaine collection automne - hiver de prêt-à-porter parisien. Il faut souligner qu'il faisait 11 degrés lors du décollage à Paris, et près de 40 à l'atterrissage. Dans ce total dépaysement, notre sens de l’orientation souterrain reprenait le dessus (on allait quand même pas se pommer sur un plan à deux lignes… petits joueurs les Romains)  et nous arrivions, en temps et en heure, à l’adresse du rendez-vous.

La longueur du trajet (près de cinquante minutes), avait déjà commencé à nous mettre sur la voie du refus, concernant cette annonce de colocation. Puis vînt le moment d’appeler Vittoria, qui devait nous faire visiter l’appartement, afin qu’elle descende nous ouvrir la porte. Appeler quelqu’un... En italien… Cette seule pensée suffit à nous faire transpirer encore plus. Jusqu’ici, en effet, les contacts avec les propriétaires s’étaient faits via Internet ou via quelques frères parlant l’italien (Thierry et Pierre pour les citer, qu’ils en soient remerciés). Nous ne disposions en outre, avec Brune, que d’un stock de 7 mots de vocabulaire dans cette langue, une bonne moitié de ce lexique étant exclusivement culinaire (je pense notamment à « pizza » et « ravioli »). Imaginez juste deux Italiens passant un coup de téléphone  à Paris pour une colocation avec pour seule connaissance du français des mots tels que : « bonjour », « merci », « au revoir », « filet mignon » et « baguette ». Lassé des « pierre, papier, ciseau » de la matinée, je saisissais mon courage à deux mains et mon téléphone d’une autre main. L’idée amusante d’avoir trois mains distrayait mon esprit et je composais nonchalamment le numéro de notre peut-être future colocataire. S’en suivit une succincte conversation qui, en français, ressemblerait à cela :

« Bonjour. Vittoria?

-         Oui ?

-         Je, euh, suis, euh, Christophe et Brune.

-         Ah. Salut. Scrmbgnablagribaldo.

-         Tu parles anglais ?

-         Un peu.

-         Nous sommes en bas de l’immeuble.

-         Ok, sonnez au numéro 8.

-         Ok. Merci. Filet mignon. »

Ndlr : « Scrmbgnablagribaldo » (pasqu’en fait, j’ai rien compris à ce moment-là de la conversation).

Les pièces communes de l’appartement, ou quatre personnes devraient vivre pendant l’année, nous semblèrent plutôt vétustes, mais l’état plutôt bon des chambres, dont l’une d’elle avait une mezzanine, nous fit un peu tergiverser (moi un peu plus que Brune, il faut le reconnaître, mais l’idée de trouver un appart’ en aussi peu de temps me plaisait). Vittoria, la fille des proprios, se révéla l’élément déclencheur de notre refus. Sa nationalité russe, au pays de la mafia, la plaçait au centre d’un faisceau de soupçons trop fort pour ne pas aboutir à quelque culpabilité. Plus sérieusement, c’est l’éloignement de ce logement vis-à-vis du centre de Rome qui nous poussa à chercher autre chose.

         Nous passerions encore quelques nuits à l’auberge de jeunesse.

PS : La nouvelle est tombée hier. Mamma mia... dans la même poule que l'Italie à l'Euro 2008... Voilà qui augure d'un mois de juin calme et sans passions, ici à Rome... J'aimerais, un jour, suivre un France - Italie de l'Hexagone, ne serait-ce que pour chanter la Marseillaise sans devoir esquiver des projectiles.

Posté par bonjourno à 23:44 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur "Pendant la sieste, seuls se promènent les chiens et les Français (en pull)" (proverbe romain)

    cuisine russe

    Sans doute l'appart était-il éloigné du centre de Rome, mais n'avez -vous pas qqs regrets....vous lui auriez appris à cuisiner le filet mignon (met on ne peut plus raffiné)et elle, à pécher l'esturgeon pour avoir du caviar de première qualité! Il faut savoir être pragmatique dans la vie
    Allez, continuez à bien "glander" les loulous, c'est ce que vous savez faire le mieux

    Posté par mam, 04 décembre 2007 à 00:13 | | Répondre
  • Le grossier personnage...

    ... T'AS ECRIT "PLEBE" DANS TON ARTICLE!!!!

    Moi je croyais que c'etait un gros mot... Mais en fait j'ai confondu avec "pegre" je pense. Voila, je vais mieux. Merci pour moi.

    ALLEZ LES BLEUS! ALLEZ LES BLEUS! ALLEZ LES BLEUS! Encore un mois de juin non-passione dans notre couple... Decidement, les elements se dechainent...

    Posté par Morpetk, 04 décembre 2007 à 06:30 | | Répondre
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