04 décembre 2007

Do you speak english ?...

Il faut me comprendre ! Je ne me voyais pas quitter notre auberge de jeunesse pour un appartement moins bien situé et, comble de l’absurde, plus sale. Ok, on savait exactement à quelle heure passait la femme de ménage et guettions le moment où elle sortirait de la salle de bain pour la prendre d’assaut et être sûr que personne n’aurait posé ses pieds sur le carrelage tout propre avant nous. Mais il faut dire ce qui est : c’était de loin l’auberge la plus clean que j’ai essayée. Je ne dis pas que je n’avais pas hâte de la quitter et de m’installer dans un vrai chez-nous mais je pensais que nous pouvions trouver mieux…

A croire que c’était faux, car le lendemain nous n’avions aucune nouvelle visite de programmée et tous les sites de recherches restaient sourds à nos supplications. Allait-on devoir se séparer ? Trouver un appart’ à deux c’est déjà assez difficile mais trouver un appart’ à deux qui accepte les garçons, ça relève presque de l’impossible. Heureusement, nos prières ont fini par être entendues et nous avons été exaucés, non pas sous la forme d’un appartement, comme vous auriez pu l’imaginer, mais sous celle d’un coup de téléphone. Pierre, le grand frère de Titou, mon cousin (étant donné que les 9/10e des gens lisant ce blog sont de la famille  et que le dernier dixième est composé de gens égarés sur le net, je ne sais même pas pourquoi j’ai besoin de le préciser) nous proposait de venir nous donner un coup de mains dans nos recherches. Qu’il en soit béni ! Il faut l’avouer, trouver un logement lorsqu’on ne parle pas un mot de la langue était un défi un peu périlleux. Périlleux, certes, mais relevable, puisque nous ne connaissons aucun Erasmus encore aujourd'hui au camping.

En attendant son arrivée, nous décidons de partir visiter un peu notre nouvelle ville. Jusque là, nos tentatives d’exploration étaient restées très timides et nous ne nous étions pas aventurés beaucoup plus loin que la gare de Termini, ce qui, je vous l’accorde, n’est guère exotique. A croire que la vision du Colisée a réveillé nos âmes d’aventuriers car dans la même journée nous visitions la basilique de San Pietro, le quartier de Trastevere, une partie du centre historique et l’école d’Harry Potter. Nous tombons en arrêt devant une petite rue adorable (dont je tairais le nom, eu égard à Christophe…) et poursuivons notre grand tour en continuant à jouer de l’appareil photo. Après une longue journée de marche, nous rentrons à l’auberge. Demain matin Pierre arrive…

8h, nous le retrouvons à la gare et décidons de prendre notre premier petit-déjeuner italien. Au menu, cappuccini  et croissants. En effet, il y a une erreur… Le cappuccino, comme toujours en Italie, était délicieux. Mais soyez prévenus, les viennoiseries italiennes n’ont absolument rien à voir avec les françaises. Amateurs de crèmes et autres pates servant à fourrer les gâteaux, vous serez comblés. Les autres, croyez-en mon expérience et abstenez-vous. Après cette pause, nous décidons de nous séparer. Chacun à sa fac avec deux missions : la première : découvrir les environs et pourquoi pas réussir à s’inscrire ; la deuxième : trouver des annonces d’appartements et les recopier. Me voilà donc pour la première fois depuis mon arrivée, livrée à moi-même dans cette nouvelle ville…

Après une rapide visite à la fac d’architecture de Roma Tre (ma fac), je comprends deux choses : d’une part le cadre est vraiment très joli et je devrais beaucoup m’y plaire et d’autre part il ne sert strictement à rien de rester plus longtemps car il est évident qu’il n’y a personne en août et qu’elle n’ouvrira pas pour moi. Je décide donc de me mettre à la recherche du siège de Roma Tre, Via Ostiense. Je reprends le métro B (oui je sais, on utilise tout le temps le métro B mais étant donné qu’il n’y a que deux lignes de métro à Rome, les chances pour que l’on doive un jour utiliser le métro H sont plutôt limitées) et me retrouve devant la basilique San Paolo. Si j’avais su à cet instant… Je continue à pied et fini par apercevoir un troupeau d’étudiants agglutinés devant une porte. Ca y est, des vrais Romains ! A les entendre tous parler si fort, j’ai l’impression d’avoir débarqué sur une autre planète. Je ne comprends rien (littéralement) de ce qui se passe autour de moi. Je continue mon chemin et arrive devant un bureau d’informations. Parleront-ils anglais ? Je prépare une phrase dans ma tête, puis deux et trois… La file est longue, mais personne n’a l’air d’y prêter attention. Tout le monde continue de parler, ou plutôt devrais-je dire de hurler. Mon tour arrive. J’ai oublié mes belles phrases toutes prêtes. La dame s’impatiente. « Erasmus… do you speak english ? ». Honte sur moi, même pas une simple phrase ! Elle n’a pas l’air de trouver ça drôle et me répond que non. Je prends mon courage à deux mains et arrive à lui faire comprendre, tant bien que mal, que je voudrais savoir où je dois aller pour finaliser mon inscription. Finalement j’ai dû me tromper car elle me tend une feuille d’inscription en me disant que pour cette année c’est trop tard mais que je pouvais toujours la garder pour l’an prochain… Mon air déprimé a dû l’apitoyer un peu car elle se met à crier des paroles, une fois de plus incompréhensibles, vers un homme qui finit par venir et me lance de son accent italien « wats problem ? ». Soulagée, je lui explique que je cherche le bureau qui s’occupe des Erasmus de Roma Tre. Il dit deux mots à la dame restée là et s’en va. Elle me tend un papier sur lequel se trouve une adresse et me dit au revoir. En sortant, je tombe sur un tableau remplis de petites annonces que je recopie vite fait sans trop y croire compte tenu de la vieillesse de bon nombre d’entres elles. Encore une fois, si j’avais su…

En sortant de l’université je rencontre un étudiant distribuant des tracts pour je ne sais quoi qui vient vers moi. Etait-ce marqué sur mon front ? Sans doute car dans un anglais parfait il me demande si je suis Erasmus et perdue ! Je réponds que oui et non, qu’on vient de me donner cette adresse qui semble-t-il devrait être un peu plus loin dans la même rue. Il me raconte que l’Université de Roma Tre est très grande mais éclatée un peu partout dans la ville. Puis, se retournant, il fait signe à un petit garçon d’une dizaine d’années maximum, perché sur son vélo, de venir le rejoindre. Après avoir échangé trois mots en italien avec lui il m’explique que je n’ai qu’à le suivre et qu’il va me conduire jusqu’à mon adresse. Je remercie et m’en vais, accompagnée de mon nouveau petit guide. Le problème quand on à dix ans, c’est qu’on ne comprend pas encore bien que d’autres, surtout plus vieux, ne puissent pas comprendre tout ce que l’on dit. Je pense qu’il a quand même finit par s’en rendre compte, car au bout d’un long monologue il m’a demandé si ça allait…  Par miracle, nous sommes arrivés à l’adresse indiquée sur le papier et après l’avoir remercié, je lui ai rendu sa liberté.

Le bureau était fermé.

Posté par bonjourno à 22:58 - Commentaires [6] - Permalien [#]


Commentaires sur Do you speak english ?...

    Yes, I do (speak english).

    Le grand frere du cousin de la tante du petit bois de derriere chez moi.

    Posté par Morpetk, 05 décembre 2007 à 01:20 | | Répondre
  • yo ? Ich spreche ein bischen deutsch aber kein
    english.........

    die mutter der ersten schreibererere. Sein Name ist Pedro und auch die mutter der Titou und mein mutter heist Claude

    Posté par mam, 05 décembre 2007 à 07:29 | | Répondre
  • on m aurait menti

    erasmus? mais je pensais que vous étiez à rome pour des vacances linguistiques!!!

    Posté par marine, 05 décembre 2007 à 10:53 | | Répondre
  • trop de blabla tue le blabla

    Super votre blog mais faudrait moins écrire et mettre plus de photos, tu sais bien que je ne regarde que les images, alors là j'ai du mal à comprendre.
    La Versaillaise vous bisoute tous les deux.

    Posté par Laurette, 06 décembre 2007 à 11:33 | | Répondre
  • les salades sont pommées quand on ne les cueille pas assez vite et les petits hommes sont paumés quand ils atterrissent dans une ville inconnue...
    merci de continuer la visite guidée de Rome pour les paumés en suisse.
    Bisous de "maman/ttejerome.

    Posté par tte "jerome", 09 décembre 2007 à 18:37 | | Répondre
  • Heyho

    S'toi l'égarée...!

    Posté par Florent, 24 décembre 2007 à 17:39 | | Répondre
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